Introduction.

Avant toute chose : je ne suis pas une personne sympathique. Je dirais même que je suis antipathique. Je critique très facilement et je déteste probablement votre fic que je critique sur Msn avec mes amies. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours trouvé que j'écrivais bien, même très bien, mieux que vous sûrement, mieux que la majorité des auteurs de fics sur Tokio Hotel. J'en considère quelques-uns cependant égaux à moi, mais ceux que je considère supérieurs à moi se comptent sur les doigts de la main. Je n'irai pas lire votre fic si vous en faites la pub, à moins que ce soit un couple autre que ce twincest qui me sort par les yeux, et encore. Enfin, cette personnalité n'est pas fausse, elle est tout ce qu'il y a de plus "vraie", je ne suis pas une menteuse, ni une personne qui joue un rôle. Je n'ai jamais su feindre, Dieu m'en préserve. Maintenant que vous êtes prévenus, bonne lecture.____________________________________________'Stern.



*


Bonjour : D

Anti-TH, homophobes, anti-inceste, bassophobes, etc. bonjour :]
Je ne force personne à partir, mais personne à rester non plus. Si vous décidez de rester, merci de rester courtois, je le resterai envers vous et tout ira bien.

Pro-TH, yaoistes, twincesteuses, G/G-euses, fanatiques de ma personne, bassophiles, groupies, etc. bonjour :]
Amusez-vous bien ^^

Je posterai ici mes textes, souvent courts, tous en rapport avec le groupe Tokio Hotel.
Si vous ne connaissez pas, je vous conseille d'ouvrir vos fenêtres et de jeter les journeaux qui annoncent que l'homme a marché sur la Lune, j'espère que votre hypersommeil a été bon :D
A savoir qu'il y aura forcément des relations homosexuelles ou en tout cas pas très claires (bassophilie par exemple...), du sexe parfois, des appuis sur la Bible...j'avertis, mais je ne me censure pas.

Vous êtes prévenus, et vous êtes venus : merci.

Bonne lecture ^^

EDIT AU 13/11/07 : Je ne posterai ici que mes OS qui ne sont pas G/G (donc, du Twincest, du Torg, du Sandgeorg, etc.)
Pour le G/G, c'est ici : )
Merci ^^


*

Je suis également publiée là-bas : http://th-yaoi-auth-community.sky
Une communauté d'auteurs qui écrivent des OS répondant aux demandes des "émetteurs" ! =]
Le concept est très intéressant et les autres auteurs en majorité bons, pour l'instant, n'hésitez pas à venir y faire un tour ^^

*

Toutes mes fics THiennes :

[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]________Absence
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]________Addicted
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Aucun]______Aphasie
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/S]________Autopsie du bois et du métal
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Torg]__ __ __Calloused fingers
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Chute libre
_______________________________________ Die Himmelsmechanik
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Mult]__________Chapitre 1 à 15
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[B/B]________Doppelgänger
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]_________Effets secondaires
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________ Erworbenes Immundefektzyndrom
_______________________________________ Etude des synthèses
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]__________Regarde-moi
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]__________Mathématique des lettres
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]__________Scoop
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]__________Rituels
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]__________Point d'ebullition
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Festen
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Bill]________'Fol rol de ol rol
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Freiheit 89
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Froid
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]________Geburtstagsgeschenk
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Grain de sucre
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Geo]________Histoire de...
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]________Hypothétique
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Je ne sais pas
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]________La bague
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[D/B]________La courbe de l'oubli
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________La fête des carottes (OS de Pâques)
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________La religion des quatre saisons
_______________________________________ Morsures
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Chapitre 1
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Chapitre 2
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]________Chapitre 3
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Torg]__ __ __Sous l'emprise de l'alcool
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Mult]_______ Substituts
_______________________________________ Systèmes Stellaires
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Mult]_________ Chapitre 1 : Gustav
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Mult]_________ Chapitre 2 : Bill
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[G/G]________Travers
_______________________________________ Variations du spectre des couleurs
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]__________Noir et blanc
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]__________Couleurs complémentaires
_______________________________________ Vie et mort...
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]__________...d'un embryon
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Twc]__________...d'un foetus
_______________________________________ [sans titre] (faites vos suggestions !)
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Geo/OC]______ Abymes
[FF.net]__[Nok']__[Sky']____[Tom/OC]______Streicheln



Depuis le 6/08/07 : 57 textes.


Lexique :
1S : OneShot, fic en un chapitre
2S : TwoShots, fic en deux chapitres, ou OS en deux parties
3S : vous avez compris, là, non ?
B/B : Bill/Bill
D/B : Davill ; David Jost/Bill
G/G : Georg/Gustav
G/S : Georg/Sandberg
OC : Original Character, personnage inventé
Mult : couples multiples, en général du G/G + du Twincest
Torg : Tom/Georg (le Torg tuuuuue !)
Twc : Twincest, Bill/Tom



Last up : 27/07/08


# Posté le samedi 27 octobre 2007 08:31

Modifié le dimanche 27 juillet 2008 09:34

OS : Substituts

Georg/Gustav
Bill/Georg (one-sided)
Twincest (one-sided)

*

Bill les regarde.

Ils se frôlent, s'observent, se touchent, leurs lèvres bougent sans bruit lorsqu'ils sont l'un tout contre l'autre. Le sourire de Georg grandit, imperceptiblement, et la main de Gustav effleure comme par hasard celle du bassiste, entre deux mots muets.

Bill les regarde, et il a compris depuis longtemps.

Il les envie. Il envie Gustav.

Il se prend à espérer d'être à la place du batteur, aux côtés de Georg, caché dans l'ombre. Il se prend à vouloir entendre leurs paroles, comprendre leurs sourires et leurs regards.

Il envie Gustav d'avoir ce certain genre de petit ami, d'avoir le droit de sentir l'odeur forte et musquée de Georg, de passer ses doigts dans ses cheveux, d'embrasser sa peau et même plus encore –il réprime avec un frisson les images qui lui viennent, et le désir qui affleure dans le creux de son ventre.

Bill n'est pas jaloux. Après tant d'années à les côtoyer, il ne pourrait pas l'être, même s'il le voulait. C'est juste une envie dérangeante, un peu obsédante, et sûrement passagère.

Il ne peut pas en être autrement.

Il se rend compte au fond de lui-même qu'il est ridicule.

Ce qu'il envie c'est leur complicité, leur relation, la sorte d'amour qu'ils partagent.

Il envie Gustav d'être amoureux et de pouvoir obtenir quelque chose en retour.
Il les envie de pouvoir mettre un nom sur ce qu'ils sont, sur ce qu'ils ressentent.

Bill les regarde et ses yeux ne glissent pas vers Tom.

Jamais.

Il se retient de le voir et de le détailler.
A quoi bon après tout observer un corps et un visage qui sont vivants en
permanence dans sa tête ?

Il n'aurait qu'à fermer les yeux et chaque parcelle de son jumeau se déploierait sur ses paupières. Ses mains, en pensée, caresseraient sa peau et ses dreadlocks, sa voix muette murmurerait son nom.

Mais jamais.

Dans sa tête il se force à remplacer l'image de Tom par celle de Georg, et se convainc d'une attirance quelconque pour le bassiste. Il arrive même à se sentir désolé envers Gustav et à désirer le corps musclé de son ami.

Il envie Gustav d'avoir quelqu'un qui réchauffe son corps et son c½ur, l'envie d'avoir Georg, même s'il sait que ce dernier ne pourrait jamais lui amener de la chaleur.

Mais il se concentre sur les mains calleuses du bassiste et les fond avec celles de Tom.

Bill regarde ses deux amis, si normaux, si simples.

Il se force à ne pas regarder Tom, à parcourir Georg du regard.

Ce n'est qu'une question de temps. Bientôt, un jour, il aura réussi à oublier son jumeau et l'amour qu'il lui porte, l'amour qui le dérange.

Et il ne peut s'empêcher de redouter le moment où ce jour arrivera.

*

Ende.

# Posté le dimanche 28 octobre 2007 09:56

Modifié le dimanche 27 juillet 2008 09:19

OS : Calloused Fingers

OS : Calloused Fingers
Tom/Georg (onesided)
Georg/Gustav

*

C'était lui que Georg avait embrassé en premier.

C'était avant que Tom sorte pour de vrai avec une fille, pour la première fois. Il avait demandé des conseils à Georg –comment l'embrasser, comment la toucher, comment ne pas la toucher. Et son ami lui avait expliqué –et il lui avait montré.

Il avait glissé sa langue dans la bouche sèche d'un Tom tétanisé, et avait léché sa langue molle qu'il n'osait pas bouger, l'encourageant à lui répondre. Il avait passé ses bras autour de son dos, un contre ses reins et l'autre contre ses omoplates, le serrant doucement.

Tom avait fini par fermer ses yeux et lui répondre avec hésitation, essayant de mettre autant de passion que possible dans ce baiser dont il ne voulait pas. Ses mains tremblaient sur les épaules de Georg, et il l'avait embrassé un moment avant de le repousser et de s'essuyer la bouche.

« J'suis pas homo. »

Les mots tournaient dans un brouillard confus dans sa tête tandis qu'il quittait la maison des parents de Georg.

Le soir même, il n'avait pas pu aller plus loin qu'un smack avec la fille avec qui il avait rendez-vous. Plus tard, Georg lui avait demandé comment ça s'était passé, et il ne lui avait pas répondu. Il s'était contenté de hausser les épaules, et si son ami avait souri, il ne l'avait pas vu –ou il n'avait pas voulu le voir.

C'est aussi avec Georg, quelques années plus tard, qu'il a pris sa première cuite, pour fêter leur premier vrai single, avec son frère et Gustav. Les deux plus vieux les ont ramenés chez eux, les portant sur leur dos. Tom avait l'estomac qui dansait le pogo, et les dents du fond qui baignaient, et l'odeur omniprésente d'après-rasage pour homme de Georg lui soulevait le c½ur, mélangée aux vapeurs d'alcool.

« J't'ai vu avec Gus, t'sais. » marmonna Tom, les dents serrés, la langue pateuse.
« Quoi ? » grogna le bassiste, rajustant le corps contre le sien. « Tu dis n'importe quoi. »
« T'sais même pas de quoi je...euh... » il fronça les sourcils. « Parle. Ouais. Tu l'aaaaaaimes. »
« Ta gueule, Tom. »
« Tu l'aaaaaimes ! C'est toi l'homo. Tu l'as pas lâché du regard. Tu l'aaaimes. »

Tom parlait de plus en plus fort et Georg donna un coup de poing dans sa cuisse.

« Tu l'aimes, tu l'aimes. Moi j'suis pas homo. »

C'est sur ces mots que Tom échappa à la prise de Georg, se laissant basculer en arrière. Il roula sur le côté, et vomit tout ce qu'il avait bu, pleurant sans tristesse alors qu'il régurgitait une bile amère.
La main de Georg, passant et repassant sur son dos, n'arrivait pas à calmer ses sanglots.

Tom a du mal parfois à se souvenir de tout ce qui concerne son ami, soit parce qu'il était trop saoul, soit parce qu'il ne veut pas y accorder d'importance. Il se souvient des choses essentielles, et c'est suffisant. Il se souvient qu'ils ont souvent joué ensemble, plaquant des accords sur les cordes de leurs instruments, improvisant et répétant tous les deux. Il se souvient des fous rires qu'ils ont eu ensemble, de leurs batailles de nourriture, de leurs plaintes communes sur les ampoules et les cals.

C'est bien suffisant.

Il ne veut pas paraître faible face à lui, parce qu'il ne l'est pas. Il l'est pour Bill et c'est suffisant. Il n'aime que Bill et c'est suffisant.

Il ne pense plus –pas- à Georg lorsqu'il embrasse une fille, ou Bill, quand il fait courir ses mains plus loin que les épaules, le torse ou en-dessous de la taille. Ce n'est pas de la honte. Il n'a pas à avoir honte.
C'est ce qu'il se force à se répéter.

Ce ne sont pas vraiment des secrets, juste des choses qu'il veut garder pour lui –non, même pas pour lui. S'il pouvait les oublier, ce serait génial.

Comme il oublie tout en ce moment.

Tom a bu, probablement. Il ne se souvient plus de grand-chose. Il prend de grandes inspirations haletantes, et ses mains sont, présentement, descendues bien en-dessous de sa taille. Il caresse son sexe tendu, appuyé contre le mur de l'hotel, maudissant et bénissant à la fois les murs mal insonorisés, et le manque de discrétion de ses amis.

Ça fait un moment qu'ils passent leurs nuits ensemble. Tom les entend -les écoute gémir, haleter, il écoute les lattes craquer légèrement et les draps se froisser.

Ce n'est pas de la faiblesse, se force t-il à se répéter. Ses doigts calleux courent sur sa peau chaude, sur son gland humide, sur ses boules, et le contact de la peau rugueuse avec sa queue est formidable. Il ne se souvient plus de rien. Ses mains calleuses. Habiles, entraînées, rapides, saccadées. Ces mains...

Il jouit, et reste tétanisé un instant, reprenant maladroitement son souffle.
Il a la bouche affreusement sèche.

Tom déteste cette sensation.

*

Ende.

# Posté le dimanche 28 octobre 2007 10:16

Modifié le dimanche 27 juillet 2008 09:19

TS : Variations du spectre des couleurs (1/2)

Twincest
POV Bill

*

Tu sais Tom, nous deux c'est noir et blanc.

Les mèches blanches dans mes cheveux noirs, et ton bandeau noir sous ta casquette blanche. Les ombres et lumières de nos piercings –c'est ça, nous sommes ombre et lumière.
Nous sommes passés de l'ombre à la lumière, du noir vers le blanc, et,
du monde immense de couleurs et de vie où nous étions,
nous sommes allés vers un monde en noir et blanc, dans les cases étriquées de la une des journeaux, obligés de nous parquer dans l'ombre pour mieux nous vautrer dans la lumière.

Nos instruments de musique et la fosse, noir encore, la lumière avauglante des projecteurs et ma voix, blanc.

Noir et blanc comme un damier, un échiquier, noir et blanc comme du café et du sucre,
nuits noires,
nuits blanches.

Nous deux c'est noir et blanc.

Il y a ceux qui nous poussent l'un vers l'autre et ceux qui éloignent.
Il y a quelque part, écrit noir sur blanc, des lois interdisant l'inceste ;
et ailleurs, écrit noir sur blanc, un acte de naissance stipulant que nous sont frères, jumeaux monozygotes ;
dans un carnet, dans ma chambre, dans une maison en Allemagne, il y a, écrit noir sur blanc, que je t'aime et que tu m'aimes aussi.

Il y a des images blanc sur noir de deux f½tus dans le ventre de leur mère, blottis l'un contre l'autre, si petits, si frêles, si abstraits, et déjà si vivants. Déjà de noir et de blanc.

Il y des nuits entières les yeux dans les yeux, dormant parfois, noir de nuit et blanc de lune, rouvrant les paupières à quelques minutes d'écart, comme une seconde naissance. Blanc des yeux et noire pupille qui se fond dans l'iris. Noir et blanc, toujours.

Mais je ne t'aime pas, pas vraiment,
ni d'amour fraternel
ni de l'amour de nos parents.
Je ne t'aime ni noir ni blanc.

Je t'aime en gris changeant,
de bien et de mal, de nuances composées,
d'ombre et de lumière,
d'étoiles blanches brodées sur un ciel noir.

Je t'aime, en noir et blanc.

*

Ende.

# Posté le dimanche 28 octobre 2007 10:17

Modifié le dimanche 27 juillet 2008 09:18

TS : Variations du spectre des couleurs (2/2)

Twincest
POV Tom

*

Moi aussi je t'aime, Bill, mais je t'aime multicolore.
Nous deux nous sommes toutes les couleurs du monde.

Nous sommes le jaune du bonheur et de la joie, à chaque concert, à chaque photoshoot, à chaque jour, à chaque pas. Le bonheur d'être à tes côtés et la joie d'être à tes côtés tout en étant si entouré.

Nous sommes le vert de la fortune. Riches d'argent et d'âme ! Vert, sécurité et espoir. L'espoir que tout continue, encore et encore. Et le sentiment de sécurité que je n'ai qu'en restant à tes côtés.

Nous sommes le bleu du succès et de la chance. C'est de ça que sont bâtis nos vies et carrières, après tout, non ? Bleu aussi, loyauté et confiance. J'ai confiance en toi, Bill, j'ai confiance en toi.

Nous sommes le violet non pas de la sagesse mais de la vérité. Je ne t'ai jamais menti, Bill. Quelquefois, j'omets de te dire quelque chose, parce que je ne sais le formuler. Mais je ne t'ai jamais menti.

Nous sommes le rouge de la passion, pour la musique, pour la vie, et l'un pour l'autre, quelque part ? Rouge de courage et de force –ce n'est pas facile d'être ce que nous sommes, de s'aimer comme nous nous aimons.

Nous sommes le rose de l'amour...non, celui de l'affection et de la tendresse. Ce n'est pas de l'amour. C'est au-dessus de ça. Ce n'est pas bêtement charnel et sexuel. Tout ça n'est qu'un prétexte.

Nous sommes l'orange de la réussite. Elle est partout avec nous. Partout. Un jour ce sera fini, et l'orange de la gaieté nous quittera peut-être à ce moment. Mais il restera tant d'autres nuances, Bill. Tellement.

Nous sommes...

Nous sommes...
Nous sommes.

Nous sommes tant de choses, mais moi je ne suis rien.

Que faire avec du rouge ou du violet si l'on a ni le bleu ou le rose ?
Un tableau ne peut avoir qu'une seule couleur. Une vie n'est jamais monochrome.

Le jaune blond des cheveux de Gustav. Le vert des yeux de Georg. Le bleu du ciel. Le violet d'une ecchymose. Le rouge des pizzas. Le rose de tes lèvres. L'orange d'un fruit.

Le monde est multicolore et fait mal aux yeux, mais n'abaisse pas les paupières.

Si le monde blesse ton regard, détourne-le mais ne le ferme jamais.
Détourne-le vers moi.

Tu l'as dit –je suis de nuances sombres, caché dans tes couleurs éclatantes. Mes couleurs à moi sont dans ma tête, et dans mes paroles, quand je me vante et fais le beau, tel un paon qui fait la roue. Mon language vulgaire aux égards de certains est, comme on le dit, coloré.
Ces couleurs-là ne font pas mal aux yeux.
Elles n'éblouissent que ceux qui ignorent qu'une part de moi est ombre et lumière.

Tu as raison. Nous sommes noir et blanc.
Mais tu as tord. Nous sommes toutes les couleurs du monde.

Je te vois presque secouer la tête. Mais Bill, j'ai raison.
Nous sommes toutes les couleurs du monde.
Nous sommes toutes les couleurs de notre monde.

Il y en a tant que tu ignores. Il y en a tant que j'ai encore à te montrer.

Je t'aime, oui, de toutes ces nuances.
Ni jaune, ni vert, ni bleu, ni violet, ni rouge, ni rose, ni orange.
Je t'aime de toutes ces couleurs, pas une de plus, pas une de moins.

Ferme tes yeux et je te les montrerai toutes, s'ourlant sous tes paupières avec un éclat assourdissant. A travers le noir, il y a tout. Et dans le blanc aussi. L'infini est partout.

Ferme tes yeux, toutes les couleurs sont là.
Elles sont en toi et elles sont en moi.
Elles sont en nous et n'attendent que le signal pour se déployer.

Ferme tes yeux, et aveugle, tu verras enfin tout ce dont je t'ai toujours parlé.

Tu verras que nous sommes,
nous sommes,
nous sommes et nous serons.

*

Ende.

# Posté le mardi 13 novembre 2007 16:07

Modifié le dimanche 27 juillet 2008 09:18